(LCP) L’arrêté ministériel qui modifie certaines dispositions nationales et locales des conventions collectives en vigueur dans le réseau de la santé et des services sociaux suscite l’inquiétude des élus de Québec solidaire.

 

Le député Sol Zanetti craint l’impact qu’il pourrait avoir sur le moral des troupes alors que le réseau était déjà sous pression bien avant la venue de la crise du coronavirus.

 

En contexte d’urgence sanitaire, ce décret permet notamment à l’employeur de suspendre ou d’annuler les congés déjà autorisés et de suspendre ou d’annuler les aménagements de temps de travail consentis.

 

« On est bien conscients […] qu’il faut qu’on se donne la marge de manœuvre, la possibilité d’avoir des mesures exceptionnelles. Par contre, étant donné les conditions de travail dans le domaine de la santé qui sont problématiques depuis des années, qui amènent beaucoup de gens à l’épuisement, […] bien là en temps de crise s’il faut après ça augmenter leur charge de travail, ce qu’on leur demande, pour nous il est évident qu’ils doivent consentir et être interpellé dans ces décisions-là », plaide-t-il lors d’un entretien avec Le Courrier parlementaire©.

 

« Ce qu’on souhaite c’est que les employeurs du milieu de la santé mettent sur pied des comités paritaires entre eux et les syndicats locaux », propose l’élu. « Ce serait plus pragmatique et efficace de les mettre dans le coup des mesures exceptionnelles encadrant la crise sanitaire. »

 

Sinon, « ce qui risque d’arriver si on n’a pas des comités paritaires c’est vraiment qu’on va leur demander d’aller plus vite qu’ils sont capables puis qu’ils vont se fatiguer puis casser en cours de route », croit Sol Zanetti.

 

Éclipse médiatique

Le porte-parole de Québec solidaire en matière de santé et services sociaux observe cependant que « la colère qui gronde dans le système de santé elle est invisibilisée en ce moment par l’éclipse médiatique qui est liée à l’application des différentes mesures de santé publique ».

 

En ce moment, dit-il, « ça accapare tellement de place et puis en même temps c’est super important de les communiquer pour que les gens sachent ce qu’ils peuvent et ce qu’ils ne peuvent plus faire, sinon on n'y arrivera pas, mais ça fait en sorte qu’en ce moment l’arrêté ministériel a des conséquences sur l’état d’esprit du personnel de la santé ».

 

Mesures temporaires

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, mentionne dans un communiqué que ces mesures sont « temporaires » et « visent à s'assurer que nous disposons des ressources nécessaires pour prendre en charge, de la meilleure façon possible, les personnes qui auront besoin de soins ».

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