(LCP) La porte-parole de Québec solidaire en matière d’environnement, la députée Ruba Ghazal, livre un plaidoyer sur l’implication des jeunes qui veulent faire bouger les choses en environnement et de l’attitude des décideurs politiques à leur égard.

 

« Aujourd’hui, je ne vous parlerai pas des négociations qui bloquent à la COP25 à cause de l’apathie, du manque de courage des décideurs politiques et d’une vision que je résumerai par « après moi le déluge ».

 

Je ne vous parlerai pas du rôle très pâle du Québec et de son ministre de l’environnement Benoit Charette qui brandit le mirage des technologies et de l’économie vertes comme la panacée qui résoudra le réchauffement climatique, sans aucune remise en question du « business as usual ».

 

Je ne vous parlerai pas des commentaires stupides de Jason Kenney qui veut que la lutte aux changements climatiques soit une opportunité pour exporter ses énergies fossiles sales.

 

Non, je ne vous parlerai pas de tout ça. Les mauvaises nouvelles en environnement sont trop nombreuses et j’aurai plein d’autres occasions d’y revenir.

 

J’ai envie de vous parler de ce qui me remplit d’espoir, de ceux et celles qui tracent les chemins de l’espoir. Je veux parler des jeunes qui étaient présents à la COP et qui représentent ces milliers de jeunes qui ont marché le 27 septembre dernier.

 

Je leur ai parlé, je les ai vus aller et je vous dis qu’ils et elles ne se laisseront pas faire.

J’ai vu des jeunes étudiants, travailleurs et militants informés et qui comprennent de façon aigüe les différents enjeux complexes des changements climatiques et qui savent faire les liens qui s’imposent. J’ai entendu leur discours intelligent, éclairé par la science et qui ferait pâlir n’importe quel politicien.

 

J’ai vu des jeunes inspirés et inspirants qui m’ont parlé des idées et des projets qui remplissent leurs têtes.

 

J’ai été témoin de leur sensibilité qui fait leur force. Je les ai vus pleurer pendant que leurs amis se sont fait mettre à l’extérieur de la COP de façon cavalière et indigne de l’ONU pour avoir participé à une manifestation pacifiste pour réclamer une justice climatique pour les peuples autochtones.

 

J’ai admiré leur esprit frondeur pendant leur action militante lors de la réception à l’ambassade du Canada, entre le vin d’honneur et les petits fours, pour dénoncer le projet pétrolier destructeur des territoires des nations autochtones de Teck Resources en Alberta.

 

Il ne manque qu’une seule chose à ces jeunes : le pouvoir.

 

Ceux et celles qui le détiennent oublient que le pouvoir vient avec des obligations face aux générations futures. Pour compenser leur manque de courage, que ces décideurs libèrent des places aux jeunes autour de la table des décisions. Il est inconcevable que ces jeunes doivent crier pour se faire entendre au travers du bruit assourdissant de notre société soumise à une logique consumériste sans limites.

 

Face à l’aveuglement des élus qui ont démissionné de leurs responsabilités au profit des affairistes illégitimes et sans gêne, nous avons plus que jamais besoin de la clairvoyance de ces jeunes.

 

Il faut cesser de les prendre de haut, de leur dire qu’ils sont donc ben cutes et qu’ils doivent continuer leur combat seuls. Nous n’avons pas le droit de les laisser s’épuiser à la tâche.

 

À tous les jeunes du Québec qui luttent pour la planète, je vous dis : je vous aime. Vous n’êtes pas seuls. »

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