(LCP) « Depuis le début de la présente législature, la question de la détresse psychologique chez les agriculteurs a occupé trop peu de place dans nos débats parlementaires », affirme la députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien.

 

« Pourtant, selon l’Association québécoise de prévention du suicide, 51 % des travailleurs du milieu agricole vivent avec un niveau de détresse psychologique élevé, et leur taux de suicide est deux fois plus élevé que dans le reste de la population », fait-elle remarquer.

 

Bien que le gouvernement ait accordé un soutien financier ponctuel de 300 000 $ à l’organisme Au coeur des familles agricoles, qui est à l’origine de la mise sur pied du programme de travailleurs de rang, c’est nettement insuffisant, juge la députée.

 

« S’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, ce financement non récurrent ne permettra pas de consolider l’aide psychologique aux agriculteurs à long terme. En outre, il ne bénéficiera qu’à un seul organisme, lequel n’est pas présent dans toutes les régions administratives, ce qui pose la question de l’équité des services offerts aux travailleurs du milieu agricole. »

 

Émilise Lessard-Therrien juge que les travailleurs de rang, « des professionnels formés en travail social pour intervenir auprès des agriculteurs en situation de détresse psychologique », sont des « piliers essentiels » à la santé et la vitalité des communautés rurales.

 

« Or, à l’heure actuelle, dit-elle, seuls huit travailleurs de rang sillonnent le Québec, un chiffre dérisoire pour une population de 40 000 agriculteurs. En calculant qu’un travailleur de rang coûte environ 60 000 $ par année à l’État québécois, les investissements annoncés ne permettront d’ajouter que 4 ou 5 travailleurs de rang dans tout le réseau pour un an seulement, ce qui est loin de suffire pour répondre adéquatement et durablement à la demande d’aide psychologique. »

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