(LCP) « C'est un pincement au coeur que j'ai quand je vois qu'Air Canada, notre compétiteur, achèterait Air Transat », a réagi le premier ministre, François Legault, hier, l’un des cofondateurs de la compagnie aérienne.

 

« Maintenant, c'est une bonne nouvelle que ce soit Air Canada. Parce qu'Air Canada a son siège social à Montréal. Je l'avais dit depuis le début : ce qui est important, c'est que le siège social reste au Québec », commente-t-il.

 

Concernant sa préoccupation sur le prix des billets pour les vols desservant le territoire québécois, « on a commencé à discuter avec Air Canada », mentionne François Legault.

 

« Je veux qu'on mette des prix maximums pour certaines régions au Québec. Les discussions vont bon train actuellement. Il y a de l'abus parce qu'il y a monopole sur certains vols domestiques. C'est là qu'est ma plus grande préoccupation. Mais on l'avait, cette préoccupation, avant l'achat d'Air Transat. »

 

Inquiétudes

Cette annonce soulève des inquiétudes légitimes, croit le député solidaire Vincent Marissal, notamment sur le maintien du siège social au Québec.

 

« Pas seulement le siège social comme coquille, un vrai siège social, avec des vraies décisions qui se prennent ici. Et aussi, les emplois ici. Parce qu'on sait qu'Air Canada, depuis quelques années, quoique son siège social, officiellement, soit à Montréal, délocalise de plus en plus d'emplois et le siège de décision vers Toronto », précise-t-il.

 

Le député s’inquiète aussi du sort qui sera réservé au français. « On sait qu'Air Canada, année après année, se classe toujours dans la catégorie des pires élèves en matière de respect du français. Alors, on rappelle à Air Canada qu'Air Transat est une compagnie de Montréal, que la grande, grande majorité de sa clientèle est francophone du Québec et qu'on doit respecter ces gens-là. »

 

Quant à la question de la concurrence, la situation est préoccupante. « On sera attentifs à ce qui sera dit, notamment au Bureau de la concurrence, là-dessus. Et Air Canada va devoir évidemment montrer patte blanche. Et on s'attend à ce que le gouvernement du Québec suive ça. »

 

Le chef intérimaire péquiste partage cette préoccupation. « Il faut savoir qu'il y a une filiale d'Air Canada qui s'appelle Rouge qui fait du bas prix. Et si on élimine un joueur, c'est sûr que les prix sont susceptibles d'augmenter », anticipe Pascal Bérubé.

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