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L'Actualité gouvernementale Le lundi 16 janvier 2017

Notre commerce avec les É.-U.

Le protectionnisme Trump : danger!

Les grands de l’automobile installés au Canada exportent environ 60 milliards $ de leurs produits aux États-Unis. Quand Donald Trump parle de déchirer l’ALÉNA, ce qui est loin d’être fait, ou de taxer les importations automobiles en provenance du Mexique, l’industrie canadienne devient très nerveuse. Jusqu’à présent, le Canada n’avait jamais été spécifiquement mentionné lors des sorties du président-élu Trump concernant le libre-échange. Mais, ça ne pouvait durer. Vendredi, un proche conseiller de la Maison-Blanche Trump a parlé du Canada et d’une taxe qui pourrait être appliquée si une entreprise américaine décidait de transférer ou créer des emplois au Canada plutôt qu’aux USA. Cependant, les dés sont loin d’être joués.

 

Le marché nord-américain de l’automobile auquel des entreprises québécoises participent à hauteur de plus de 4 milliards $ par année (et avec 7 500 emplois) est cependant très intégré et il sera difficile, impossible peut-être de le dé-emberlificoter. Il y a un surplus commercial en faveur du Canada pour les véhicules et un déficit important en faveur des Américains de 11 milliards $ pour les pièces. Et les États où sont fabriquées ces pièces (Michigan, Ohio, Indiana) seraient très affectés par une guerre des tarifs douaniers. Et le Mexique aussi importe des milliards $ en pièces pour ses usines d’assemblage automobile et fait travailler des dizaines de milliers d’Américains.

 

Si appliquer la politique « Buy American or get taxed » pourrait être difficile pour le secteur automobile, d’autres échanges commerciaux sont eux plus vulnérables. Les républicains aimeraient adopter une nouvelle politique tarifaire, la Border Adjusted Tax. Comme le soulignait le député conservateur Pierre Poilievre, présentement les importations canadiennes peuvent être déduites comme une dépense d’affaires par les entreprises américaines. La BAT, si elle devenait réalité, abolirait cette pratique. Et il y a aussi l’idée de lancer un gigantesque programme d’infrastructure (1 billion US $), mais qui serait réservé aux compagnies américaines.

 

Ainsi, un produit canadien ou québécois acheté pour 10 $ et revendu pour 30 $ verrait le commerçant taxé non pas sur les 20 $ de profits, mais sur les 30 $. Et selon le député, les républicains aimeraient aussi éliminer l’impôt payé par les entreprises sur les revenus obtenus à l’étranger. Faire affaire au Canada serait donc avantageux et rentable surtout que les compagnies canadiennes seraient elles obligées de payer l’impôt canadien d’environ 26 %. D’autres mesures probusiness de l’administration Trump sont aussi envisagées et elles n’augurent rien de bon pour un pays qui dépend autant de son commerce extérieur surtout celui avec nos voisins du Sud.

 

Malgré ces dangers qui nous menacent, bien des observateurs et spécialistes de la scène américaine demeurent optimistes que le Canada sera épargné parce que le Mexique et la Chine sont de plus grosses cibles pour Washington. Leo Gerard de Sudbury, le président des Travailleurs unis de l’acier est de ceux qui soutiennent que nos deux économies sont tellement intégrées et pas seulement pour l’automobile, que l’administration Trump ne prendra pas le Canada pour cible. Ça reste à voir, demandez à l’industrie du bois-d’oeuvre et M. Trump n’est même pas encore assis dans le Oval Office. (Avec The Globe and Mail, The Financial Post et CBC News)

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