(LCP) Le principe du projet de loi 40 du ministre Jean-François Roberge modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires sera adopté lors d'un vote, ce matin, après la période de questions, par la majorité formée par la Coalition avenir Québec.

 

Les partis d'opposition vont s'y opposer. Leurs orateurs et surtout ceux du Parti libéral s'étaient d'ailleurs succédé pendant le débat pour dénoncer cette pièce législative.

 

La députée libérale Kathleen Weil a présenté une motion d'ajournement du débat hier qui été battue par la majorité de la CAQ par 66 à 42, alors que le vote se tenait à l'heure du lunch.

 

Le débat avait même rebondi à la période de questions où François Legault n'a pas écarté la possibilité d'utiliser le « bâillon » d'ici l'automne 2020 pour faire adopter cette transformation des commissions scolaires en centres de services.

 

« Le premier ministre choisit d'investir temps et énergie dans un brassage de structure sans amélioration réelle pour la réussite éducative de nos enfants », a reproché le chef de l'opposition officielle, Pierre Arcand.

 

En accusant le gouvernement d'être « brouillon » dans sa réforme, le chef libéral reprend les propos prononcés par des enseignants sur la réforme : « abolition de contre-pouvoirs, dévalorisation de la profession d'enseignant, évacuation des enseignants des structures décisionnelles, accentuation des inégalités sociales, risques de répartition inégale du personnel, centralisation des décisions dans les mains du ministre ». Il a aussi cité le Directeur général des élections qui parle de « disparition démocratique ».

 

« Soyons clairs », dit le chef libéral, « on est en faveur de toute mesure pour aider concrètement les jeunes, mais, quand les professeurs, les experts, les chroniqueurs, les parents et les groupes entendus en commission parlementaire élèvent leurs voix, c'est un signe assez clair que le gouvernement n'a pas travaillé en collaboration avec tous les acteurs concernés ».

 

De son côté, le premier ministre reproche aux libéraux de se faire les avocats du lobby des commissions scolaires « qui ne sont pas contents, éventuellement, de perdre leur job, même s'ils ont été élus par seulement 5 % de la population ».

 

« Nous, on essaie de montrer un certain courage, économiser 20 millions $, de l'argent qui va aller dans les services aux élèves. C'est un choix courageux qu'on fait », dit-il. « On propose que les représentants sur les nouveaux conseils d'administration soient, entre autres, choisis par les conseils d'établissement, donc par des personnes impliquées dans les écoles, dans les services aux élèves. »

 

Il n'y a pas que les commissaires scolaires qui se plaignent, les syndicats aussi, reprend Pierre Arcand. « Le projet de loi 40 contient des mesures qui mettent en péril l'accessibilité, l'équité et la stabilité du réseau public d'éducation au Québec », déplore le président de la CSN, Jacques Létourneau. « Aucune des mesures suggérées ne favorise la réussite des élèves », selon lui.

 

« Le chef de l'opposition officielle a assez d'expérience pour savoir que les syndicats n'aiment pas particulièrement la décentralisation », réplique François Legault. « Quand on décentralise dans les écoles, bien, il y a plus de latitude pour les conditions de travail des employés dans les écoles, puis les syndicats, habituellement, aiment mieux avoir une centralisation et d'avoir les mêmes conditions de travail pour tout le monde. Évidemment, je prends note du fait que le Parti libéral supporte maintenant les syndicats. Nous, on va supporter les enfants », a ironisé le chef du gouvernement.

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