(LCP) En échange de son appui au projet de loi 9 le Parti libéral demande au ministre de l'Immigration de respecter trois conditions. Simon Jolin-Barrette doit s'engager « fermement » à ce que les 18 000 dossiers d'immigration en attente soient tous traités et que les articles qui prévoyaient leur annulation soient retirés du projet de loi. Le ministre doit revenir sur sa décision antiéconomique qui ne répond d'aucune façon aux besoins des entreprises.

 

Deuxièmement, l'opposition officielle demande l'abolition des conditions à la résidence permanente. Cet aspect du projet de loi a été dénoncé par plusieurs groupes entendus en commission parlementaire, notamment l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et le Barreau. En plus d'être un poids supplémentaire sur les épaules des nouveaux arrivants qui souhaitent venir travailler ici, ces conditions risquent de compromettre leur intégration, selon les libéraux.

 

Il existe également des inquiétudes quant au poids administratif que ces conditions pourraient imposer aux entreprises qui sont touchées directement par l'article 10 du projet de loi. Cet aspect doit absolument être corrigé, croit-on.

 

« Nous estimons qu'il y a 3 conditions essentielles pour que le projet de loi 9 soit acceptable. Dans sa forme actuelle, le projet de loi ne rencontre pas nos attentes. Les 18 000 dossiers qui sont déjà dans le système doivent être traités, les conditions à la résidence permanente doivent être abolies et les règles administratives ne doivent pas imposer un fardeau aux entreprises. Ce projet de loi ne tient pas compte de la pénurie de main-d'œuvre et des besoins immédiats des entreprises », affirme la députée Dominique Anglade.

 

« Nous souhaitons travailler de concert avec le ministre pour faire cheminer l'étude dudit projet, car l'incertitude actuelle n'est profitable à personne. Cela dit, le ministre doit également faire preuve de plus d'ouverture et de transparence pour que nous puissions y arriver », poursuit l'élue.

 

« Je ne fonctionnerai pas aux menaces, je ne fonctionnerai pas aux blocages parlementaires », a prévenu le ministre Simon Jolin-Barrette au retour à l'étude détaillée en commission une demi-heure après la position du Parti libéral.

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